Articles Commentaires

Alter-Echos » Sur le Vif » A Usurbil, on promeut le « zéro déchet »

A Usurbil, on promeut le « zéro déchet »


La construction de l’incinérateur à Zubieta au Nord de l’Espagne ne fait pas que des heureux. Evalué à 400 millions d’euros, il brûlerait 215 000 tonnes de déchets par an, soit plus de 83 % des déchets générés en Gipuzkoa, province de la Communauté autonome basque. Face aux risques sanitaires encourus par les populations qui habiteraient à proximité du futur incinérateur, la commune d’Usurbil promeut le « Zéro Déchet ». Depuis mars 2009, cette municipalité de 6 000 habitants pratique la collecte sélective par le porte à porte. Et les résultats sont probants : près de 82 % des déchets seraient recyclés ! De quoi questionner l’utilité de la construction d’un incinérateur puisque seuls « 18 % de ce que les habitants génèrent finit dans les décharges » assure le maire d’Usurbil.


Concrètement, ça se passe comment ?

« Pour réussir le porte à porte, il faut d’abord commencer par enlever les conteneurs dans les rues », explique Imanol Azpiroz Artano, adjoint au maire en charge de l’environnement de la commune d’Usurbil. A la place, la commune a installé des caissettes placées à l’extérieur des bâtiments où chaque famille a son espace avec un numéro qui l’identifie. Chaque jour, la commune récupère un type différent d’ordures ménagères. « Par exemple, nous ramassons trois fois par semaine les déchets organiques », précise l’adjoint au maire. Les déchets légers sont ramassés deux fois par semaine, le papier une fois et les éléments non recyclables sont sortis le dimanche. « Par le porte à porte, le déchet cesse d’être anonyme, explique Imanol. Les habitants prennent conscience de leur gaspillage accumulé pendant des années et ils se responsabilisent ».



Composter, une clé essentielle

« L’essentiel est de ne pas tout mélanger » poursuit Imanol. Et les déchets organiques - provenant de matières d’origine animale ou végétale – jouent un rôle clé. « Parvenir au zéro déchet, c’est évidemment commencer par réduire nos déchets mais c’est aussi avoir un compost personnalisé lorsque c’est possible ». La commune entreprend alors un travail de sensibilisation auprès des 600 familles – sur les 6 000 habitants au total – qui disposent d’un bout de terre. 520 familles décident de se lancer dans le compost. De 175 tonnes d’aliments envoyés aux déchetteries un an plus tôt, on passe à 25 tonnes d’aliments après le lancement du porte à porte. « On est ainsi passés d’un modèle linéaire où l’on envoie tout aux déchetteries sans traitement, à un modèle circulaire où l’on enlève nos déchets organiques du système pour les recycler et les faire retourner à la terre », s’enthousiasme Imanol.



Le mouvement « zéro déchet » fait tâche d’huile

La collecte sélective fait tâche d’huile. En 2010, les mairies d’Hernani et d’Oiartzun se joignent à Usurbil pour créer une société publique de traitement de déchets appelée « Garbitania Zéro Déchet ». Une démarche qui fait grincer des dents l’opposition municipale. Après avoir contesté les chiffres donnés par la municipalité d’Usurbil, elle lance un référendum en février 2010 pour réclamer l’instauration d’un système de conteneur et refuser la collecte sélective par le porte à porte. La population garde le cap et choisit la poursuite du porte à porte.

« Nous voulons aller plus loin désormais car il y a beaucoup de zones d’améliorations possibles », explique Imanol. Depuis mars 2010, la commune récupère les déchets – environ 88 % - liés aux zones industrielles et aux centres commerciaux. Partie de Catalogne, la collecte sélective par le porte à porte aurait gagné 18 millions d’habitants en Italie, et n’échapperait pas à San Francisco. Un autre modèle possible face au tout consommation.

Pour aller plus loin, vous pouvez contacter gipuzkoazz(a)gmail.com

Ecrit par sophiechapelle

Catégorie: Sur le Vif · Tags: , , ,

Laisser un commentaire